L'arbre de la liberté ne saurait croître s'il n'était arrosé du sang des rois.
Bertrand Barère de Vieuzac

Quatre frênes infectés à Montréal

Après avoir ravagé des millions d’arbres aux États-Unis et en Ontario, l'agrile du frêne a été repéré pour la première fois sur l’île de Montréal dans quatre frênes de l’arrondissement Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, le 21 juillet dernier.

De couleur vert émeraude et cuivrée, cet insecte exotique envahissant mesure un demi-centimètre. Inoffensive pour l’Homme, sa larve blanche s’attaque à toutes les essences de frênes. Elle se nourrit en creusant des galeries sous l’écorce, bloquant la montée de la sève et entraînant la mort des feuillus.

«L’agrile du frêne représente une forte menace pour la forêt urbaine de Montréal qui compte quelque 45 000 frênes, soit environ 20 % des arbres de rues et même 30 % dans certains arrondissements», a expliqué Jacques Audette, spécialiste du Programme de l’agrile du frêne à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA).

Un plan d’action à court terme
Dans le cadre d’un plan d’action préventif visant à dépister la présence redoutée de l’insecte, une quarantaine de pièges ont été placés au début de l’été dans certains secteurs de l’île.

«C’est à la suite de cette initiative que nous avons détecté des frênes qui semblent récemment infectés par l’insecte en question, sur la rue Notre-Dame Est à proximité du port», a souligné Denis Quirion, directeur des grands parcs et du verdissement à la Ville de Montréal.

«Dans un premier temps, nous allons mettre en place un plan d’action ciblé et à court terme», a-t-il précisé. L’ACIA devrait dès jeudi entamer une enquête de dépistage dans un rayon d’un kilomètre autour de la zone infectée en installant des pièges supplémentaires et en relevant des échantillons de branches.

Selon les résultats obtenus, le transport de bois de chauffage à l’extérieur des zones infectées pourrait être interdit. «C’est un gros vecteur de propagation, a rappelé Jacques Audette. Il est important de l’acheter localement et le brûler localement.»

Un portrait concret à l’automne
D’ici l’automne, Denis Quirion espère être en mesure de dresser un portrait plus concret du phénomène.

«Un plan d’intervention complet sera alors mis en place par la Ville, a-t-il dit. Nous pourrions abattre les frênes infectés et les remplacer par d’autres espèces, ou les traiter par injections de pesticides.»

Le petit coléoptère n’a pas de prédateur naturel au Québec. La perte de feuilles à la cime de l’arbre et l’apparition de traits jaunes à la base du tronc constituent les premiers indices d’un frêne malade. Devant un tel cas, les Montréalais peuvent en avertir la Ville par le biais du 311.

Arrivé tout droit d’Asie, l’agrile du frêne a été découvert pour la première fois sur le continent nord-américain en 2002. Il s’est déjà propagé dans une quinzaine d’états aux États-Unis.

Au Canada, il a ravagé 80 à 90 % des frênes dans la région de Windsor, au sud de l’Ontario. L’origine de l’infestation à Montréal n’a pour le moment pas été établie.

Source : Mélanie Colleu

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